Chers amis québécois,
D’abord et avant tout, comment ne pas vous remercier pour l’accueil si chaleureux que vous avez préparé pour moi à Montréal, cette ville que j’aime vraiment et dans laquelle je viens me ressourcer à chaque printemps.
Ensuite , je dois vous dire que depuis quelque temps, je regarde votre débat sur la laïcité avec une attention particulière, presque fraternelle. Peut-être parce qu’en vous observant, je retrouve quelque chose que nous avons perdu en France : le courage de poser calmement une règle commune avant que les passions identitaires ne déchirent le fameux «vivre-ensemble. »
Je veux vous dire ici mon soutien le plus sincère dans votre volonté d’ancrer durablement votre loi sur la laïcité dans la conscience collective québécoise. Non pas contre des croyants, ni contre une culture, encore moins contre des individus, mais pour protéger cet espace fragile où des citoyens différents peuvent encore se rencontrer sans que leurs appartenances religieuses deviennent le centre de la vie publique.
Je connais trop bien ce qui arrive lorsqu’une société hésite à défendre ce principe. Peu à peu, la neutralité cesse d’être comprise. Elle devient un slogan déformé par tous. Certains voudraient en faire une machine de guerre contre toute visibilité religieuse ; d’autres la décrivent comme une violence symbolique dirigée contre eux. Dans les deux cas, on s’éloigne de l’essentiel : la laïcité n’est pas une humeur politique, ni une hostilité spirituelle. C’est une architecture civique destinée à empêcher qu’une croyance particulière prenne le dessus sur la maison commune.
Ce que j’admire au Québec, c’est cette intuition selon laquelle une démocratie ne peut survivre longtemps si elle laisse les appartenances communautaires remplacer la citoyenneté. Une société fragmentée en groupes rivaux finit toujours par substituer des privilèges identitaires à l’égalité réelle. On commence par demander une reconnaissance particulière ; on termine par réclamer des règles différentes selon les appartenances. Alors le lien commun se fissure.
Or, la laïcité rappelle une chose simple et essentielle : l’État n’a pas à arbitrer entre les vérités religieuses. Son rôle est ailleurs. Il doit garantir à chacun la liberté de croire, de ne pas croire, de pratiquer une foi ou de s’en détacher sans subir de pression. Cette neutralité protège tout le monde, y compris les croyants eux-mêmes.
Je suis convaincu qu’il ne suffit pas d’adopter une loi ; encore faut-il expliquer sans relâche son sens profond. Car une société qui ne transmet plus les raisons de ses principes finit toujours par les voir contestés, caricaturés ou vidés de leur substance. La laïcité n’est pas une punition infligée aux religions. Elle est la condition qui permet à des personnes de convictions différentes de coexister sans domination réciproque.
Et j’ose le dire avec gravité : lorsqu’on renonce à cette exigence, ce ne sont pas seulement les institutions qui vacillent. C’est la liberté intérieure elle-même qui recule. Une civilisation demeure libre uniquement si chaque individu conserve le droit de questionner les héritages qu’il reçoit, y compris religieux. Sans cette possibilité, la conscience cesse d’être libre ; elle devient captive.
Voilà pourquoi votre combat dépasse largement les frontières du Québec. Il touche à une question universelle : comment préserver une société de citoyens dans un monde où les identités particulières tendent à reprendre toute la place ?
Je voulais simplement vous dire ceci : beaucoup, ailleurs dans le monde francophone, regardent votre détermination avec respect. Tenez bon. La clarté des règles, leur application sereine et l’effort d’éducation demeurent les seules protections durables contre les fractures qui menacent nos démocraties modernes.
Kamel Bencheikh
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