
Chronique : Kamel Bencheikh - Paris- 2025-01-09 Charlie Hebdo : ils ont tiré sur le rire, nous avons hésité à le défendre Il y a des dates qui ne passent pas, parce qu’on a tout fait pour les édulcorer. Le 7 janvier 2015 est de celles-là. On a voulu en faire un moment de recueillement, presque de neutralisation émotionnelle, alors qu’il s’agissait d’un choc politique, frontal, brutal. Ce jour-là, la République a été défiée à domicile. Et depuis, elle hésite encore à répondre clairement. Les tueurs ne visaient pas des individus isolés. Ils visaient un principe. Ils savaient que s’attaquer à Charlie Hebdo, c’était frapper au cœur de ce que la France porte de plus insupportable pour les fanatismes : la liberté de blasphémer, de se moquer, de ne rien sacraliser. Ils n’ont pas confondu la satire avec la haine. Ils ont compris, au contraire, que le rire libre est une insulte permanente à toute idéologie totalitaire. C’est pour cela qu’ils ont tiré. Ce qui rend cette date insoutenable, aujourd’hui encore, c’est le renversement silencieux qui a suivi. Très vite, la question n’a plus été : comment défendre la liberté ? Mais : jusqu’où peut- on encore l’exercer sans provoquer ? Le soupçon a changé de camp. Les morts sont devenus embarrassants, Charlie un symbole trop rugueux, la laïcité un concept à manier avec précaution. On n’a pas seulement eu peur des terroristes. On a eu peur d’assumer ce pour quoi ils avaient tué. Et pourtant, il y avait là des vies, des visages, des voix. Charb, Cabu, Wolinski, Tignous, Honoré, Elsa Cayat. Des êtres imparfaits, excessifs parfois, mais profondément vivants. Leur crime n’était pas l’irrespect : c’était l’indépendance. Ils ne demandaient pas la permission de rire, et encore moins celle de penser. Ils rappelaient, par leur simple existence, que la liberté ne se négocie pas avec ceux qui la menacent. La colère, aujourd’hui, vient de cette dissonance : on commémore sans affirmer, on pleure sans protéger, on répète “Je suis Charlie” tout en reculant sur ce que Charlie incarnait. On protège des sensibilités, on aménage des silences, on transforme la laïcité en variable d’ajustement. Et pendant ce temps, enseignants, écrivains, dessinateurs vivent sous escorte ou sous pression, sommés de faire attention, de baisser le ton, de ne pas “en rajouter”. Le 7 janvier n’appelle pas la tiédeur. Il appelle la cohérence. Soit la liberté d’expression est un pilier non négociable, soit elle devient un luxe conditionnel. Soit la laïcité protège tout le monde, soit elle s’effondre sous le poids des intimidations. Charlie n’est pas un mythe figé. C’est une exigence. Et c’est précisément pour cela que cette date continue de déranger — parce qu’elle nous oblige à être à la hauteur, ou à reconnaître que nous ne le sommes plus. Kamel Bencheikh
1. Lorsque tu es sur le site internet, clique sur les 3 petits points présents en haut et à droite de l’écran
2. Appuie sur « Ajouter à l’écran d’accueil ».
Et voilà, tu as maintenant RadioAzul.International au bout des doigts,
Bonne Écoute!
1. Lorsque tu es sur RadioAzul.international, clique sur l’icône "Partager" qui est en bas de l’écran de ton appareil.
2. Défile vers le bas la liste des actions et clique sur “Ajouter sur l’écran d’accueil”
3. Clique sur le bouton “Ajouter” situé en haut à droite de ton écran
Et voilà, tu as maintenant RadioAzul.International au bout des doigts,
Bonne écoute!