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Nous avons parlé des quatrains d’Omar Khayyam 

13 avril 2026
Nous avons parlé des quatrains d’Omar Khayyam
Je repense à cette conversation comme à une tasse de thé laissée tiède entre nous.
Il y avait, dans l’air, quelque chose de suspendu. Et au milieu de nos mots, le nom d’Omar Khayyam s’est posé avec douceur, comme une évidence ancienne que l’on redécouvre à deux.
Tu sais, ses quatrains ne parlent pas seulement du vin, ni de l’amour, ni de la beauté, ni du temps qui fuit. Ils parlent de cette manière presque fragile d’habiter l’instant, comme si chaque seconde était une offrande.
Il écrivait, en substance que :
« Le passé est poussière,
que demain n’est qu’un mirage,
et qu’il faut, aujourd’hui,
tenir la coupe avant qu’elle ne se brise. »
Et je me dis que cette sagesse-là n’est pas grave, ni solennelle. Elle est tendre. Presque murmurée. Comme une confidence que l’on ferait à quelqu’un que l’on n’a pas envie de voir s’éloigner.
Il y a aussi ce vertige dans ses mots :
« Nous passons,
nous disparaissons,
et pourtant, un instant suffit
pour contenir toute une vie. »
Alors peut-être que ce que j’ai aimé, en parlant de lui avec toi, ce n’était pas seulement le poète. C’était cet accord silencieux entre nous — cette façon de comprendre, sans trop expliquer, que la beauté tient à peu de chose.
Un regard.
Une phrase.
Un instant partagé.
Khayyam aurait sans doute levé sa coupe à cela.
Et moi, simplement, je garde ce moment. Comme un quatrain que je n’écrirai jamais, mais que je n’oublierai pas.
Kamel Bencheikh
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