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Le piège du « vivre-ensemble » quand il détricote la laïcité. 

20 juillet 2026

Le piège du « vivre-ensemble » quand il détricote la laïcité.

 

Le Livre blanc du Conseil national des musulmans du Québec prétend défendre le vivre-ensemble. Mais derrière ce vocabulaire consensuel se cache une autre conception de la société : celle où l’espace public devient une addition de revendications identitaires particulières.

La question centrale de la Loi 21 n’a jamais été de savoir si les musulmans, ou les croyants de toutes confessions, ont le droit de pratiquer leur religion. Bien sûr qu’ils l’ont. La vraie question est celle de la neutralité de l’État et de ceux qui l’incarnent. Confondre liberté religieuse et expression religieuse dans la fonction publique revient à détourner le débat.

La laïcité ne combat aucune croyance. Elle protège précisément la liberté de conscience en empêchant que l’État soit associé à une religion, quelle qu’elle soit. Elle ne demande pas aux citoyens d’abandonner leurs convictions privées, elle demande que la règle commune soit supérieure aux appartenances particulières.

Le problème de cette approche communautariste est qu’elle transforme progressivement le citoyen en représentant d’un groupe. Chacun vient alors réclamer la reconnaissance de sa différence, jusqu’à fragiliser ce qui permet à une société de tenir ensemble : un socle commun.

Le paradoxe est frappant : on défend le droit des minorités à préserver leur identité, mais lorsque la majorité québécoise affirme vouloir protéger sa langue, son histoire et la neutralité de ses institutions, cela devient du « nationalisme identitaire ».

Une démocratie ne peut pas fonctionner avec deux mesures différentes. Le vivre-ensemble ne signifie pas que chaque groupe impose ses normes à l’espace commun. Il signifie que tous acceptent une même règle, parce qu’elle garantit la liberté de chacun.

La laïcité québécoise n’est pas une exclusion. Elle est une affirmation simple : dans l’espace de l’État, ce n’est ni une religion, ni une communauté, ni une identité particulière qui parle. C’est le citoyen.

Kamel Bencheikh 

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